
la citoyennete
1. Les trois dimensions de la citoyenneté
a. Le statut du citoyen
La citoyenneté est la participation au gouvernement de la cité et l’affirmation de l’appartenance à une communauté politique au moyen privilégié du vote. Le suffrage universel permet à « toute personne (…) de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis » (article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme). C’est la citoyenneté politique.
La citoyenneté, c’est aussi l’autonomie des choix des gouvernés. Ils doivent disposer des libertés d’opinion, d’expression, de réunion, être égaux devant la justice… C’est la citoyenneté civique. Droits de vote et droits civiques forment le statut juridique du citoyen mais la citoyenneté est aussi devenue sociale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
b. La citoyenneté sociale
En 1942, lord Beveridge part du constat suivant : « tous les risques sociaux trouvent leur origine dans l’interruption de l’activité ». Il faut donc créer un système de protection sociale, universel et financé par l’impôt dans le but de « mettre l’homme à l’abri du besoin ».
Selon le sociologue britannique T. H. Marshall, cette association entre hommes égaux en droits, droit à la santé, à la retraite, aux indemnités chômage… et égaux en devoirs, devoir de contribuer au financement de la solidarité par l’impôt « étoffe la citoyenneté ».
En France, les fondateurs de la Sécurité sociale vont encore plus loin en souhaitant qu’elle soit gérée par des représentants élus des salariés et des employeurs. Pierre Rosanvallon montre bien que la protection sociale n’est pas seulement un ensemble de caisses ou de règles. Il analyse l’Etat providence comme une reformulation du contrat social et le rebaptise « Etat-civique providence ».
